1901 - Les 88 pages du recensement de la population

De GrandTerrier

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Accès direct aux 88 pages du recensement nominatif des 2642 habitants résidant sur la commune en 1901.

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Document conservé et numérisé par les Archives Départementales du Finistère sous la cote 6M 272/1.

Autres lectures : « Les autres recensements et listes électorales » ¤ « Formulaire de recherche - Recensement population 1901 * » ¤ « 1881,1888 - Épidémies de varioles en délibérations municipales et dans les journaux » ¤ « Evolution démographique à Ergué-Gabéric » ¤ « Hervé Le Roux, maire (1882-1906) » ¤ « CHAUVEUR Henri - Les pavés de Saint-Chéron » ¤ 

Présentation générale

Faisant suite aux rares dépouillements par feux (par foyers) de l'Ancien Régime, l'administration française du XIXe siècle met en place des recensements nominatifs de la population tous les 5 ans de 1836 à 1936, les années se terminant en 1 ou en 6 (sauf les années de guerre).

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En 1901 le recensement d'Ergué-Gabéric rassemble les infos d'identification (nom, prénom), de rattachement familial (numérotation incrémentale en partant du chef de ménage en 1), de localisation par villages regroupés en sections, d'âge et de profession. Le document de 88 pages est signé par le maire de l'époque : Hervé Le Roux de la ferme du Mélennec.

Si l'on reporte les infos d'âge et de sexe (déduit du prénom), on obtient une pyramide des âges en forme en parasol, avec une base très large se rétrécissant progressivement et fortement vers le sommet :

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Cette forme particulière caractérise une société rurale traditionnelle avec une natalité élévée, une forte mortalité à tous les âges (notamment infantile et juvénile) et une espérance de vie faible. On observe notamment :

  • Les trois premières barres sont très larges. Les enfants et jeunes adolescents constituent la part de loin la plus importante de la population. Les familles nombreuses sont la norme à cette époque, les enfants représentent une force de travail indispensable pour les fermes.
  • La forme se creuse rapidement au centre pour la population active des 15-64 ans. Les rétrécissements entre les âges de 10 à 49 ans, surtout côté hommes, peuvent s'expliquer par les épidémies locales ou par les émigrations économiques, ceci pour les creux des 20-24 ans (nés entre 1877 et 1881) et ceux des 40-44 (nés entre 1857 et 1861). Par contre Le creux des jeunes garçons de 10-14 ans est inexpliqué.
  • Les conditions de vie, de travail et le niveau de la médecine ne permettent pas à la fin du XIXe siècle de soigner efficacement les maladies ou infections. En 1881 une épidémie de variole provoque un accroissement important de la mortalité ; plus de 60 décès par rapport aux années précédentes, mais cela touche les adultes aussi bien que les enfants, et donc peut expliquer le creux 40-44 ans de la pyramide.
  • L'exode rural peut expliquer le creux des 20-24 ans, c'est l'âge caractéristique où les jeunes adultes quittent les campagnes pour aller chercher du travail à la ville ou alors au loin comme dans les carrières de région parisienne  : « Le recensement de 1896 révèle une sorte d'invasion de Bretons à Saint-Chéron : 112 personnes, pères, mères et enfants. Dix ans plus tard en 1906, 232 Bretons y sont dénombrés. » (Henri Chauveur).
  • Au sommet, c'est-à-dire les personnes âgées de 65 ans et +, la courbe est extrêmement effilée. Il y a très peu de personnes âgées de 80 ans et plus, et aucun centenaire. Le doyen de la commune est un ancien recteur âgé de 91 ans. Les suivants en âges ont 86 ans : une femme, Françoise Huitric de la Salle-Verte, et deux hommes nommés Jean Horellou, l'un de Pencarn Kerho, l'autre de Lestonan.
  • La règle de la surmortalité masculine, les femmes vivant plus longtemps que les hommes à un âge avancé, n'est observée que partiellement dans les tranches 60-80 ans.

Par ailleurs on peut noter ces autres points démographiques et géographiques :

  • Le territoire est divisé en section, avec d'une part le chef-lieu, et d'autre par les section dites éparses suivantes : Odet, St-Guénolé, Quilihuec, Sulvintin, Squividan, Bosuzit, Kernaon, Lestonan, Quilihouarn, Kergonan, Kerrellou, Loqueltas, Niverrot-Bohars, St-André
  • Le chef-lieu d'agglomération, à savoir le centre-bourg sans les villages proches comme Pennarun placé en section de Bosuzit (partie ouest jusqu'à la confluence Odet-Jet) ou Kerellou en la section du même nom (partie est jusqu'à Kermoisan), compte 11% de la population (292 habitants, 50 maisons, ménages).
  • Les sections éparses, au nombre de 14 regroupements de villages répartis en nombres similaires d'habitants et de ménages/maisons, sont toujours basées pour certaines sur les anciennes trèves autour des chapelles (comme cela était le cas dans le recensement de 1790), ou sur un nouveau découpage de ces trèves, et avec l'ajout du nouveau territoire de la papeterie d'Odet.
  • Odet, qui n'inclut pas encore Lestonan, est la seule section à dépasser le bourg en maisons/ménages : 57 maisons, 73 ménages pour 277 habitants. La famille Bolloré est bien représentée localement : René Bolloré (1847-1904), son épouse, sa mère, ses enfants, la famille de son co-gérant Charuel de Guérand, et toutes leurs servantes. Et l'on décompte environ 150 ouvrières ou ouvriers papetiers, sans compter les métiers spécifiques de cocher, commis, comptable, contre-maître, cuisinière, femme de chambre, fournier, mécanicien, portière, vacher, valet de chambre,

Quant aux autres métiers traditionnels, on notera ceci :

  • Le secteur agricole est très bien représenté : presque 800 cultivateurs ou cultivatrices (inclus des domestiques de ferme), et presque 150 journaliers ou journalières.
  • Par rapport aux recensements précédents, il y a peu de cabaretiers (trois au bourg dont une cabaretière et un à Keruel-Vian). Mais par contre il y a toujours une variété de métiers d'artisans : cantonnier (2), charpentier (19), charron (1), cordonnier (14), couturière (17), couvreur (3), forgeron (4), menuisier (4), meunier (18), meunière (2), scieur (1), sellier (1), tailleur (1), tailleur d'habits (9), tailleuse (3), terrassier (8), tisserand (6), tonnelier (1).
  • Au niveau du clergé on trouve bien le recteur desservant en titre Jean Hascoët, ses deux vicaires Corentin Bourhis et Louis Nicolas, mais aussi l'ancien recteur de Coray Yves Conan [1] âgé de 91 ans.
  • Les supérieures et religieuses de l'école privée du bourg sont également recensées, ainsi que l'ensemble des instituteurs et institutrices, de l'école confessionnelle et des écoles publiques du bourg et de Lestonan. On notera au bourg aussi la liste des 34 élèves pensionnaires de l'école communale.
  • Et enfin un nouveau métier fait son apparition : dans le recensement qu'elles soient femmes de cultivateur, d'artisans ou autres elles sont généralement qualifiées explicitement de ménagères en colonne « profession », ceci étant sans doute en lien avec la politique d'aide aux familles nombreuses.

Index des pages

  • 1-10 - chef-lieu du Bourg
  • 10-19 - section d'Odet (Odet, Ty-coat, Stang-Venn, Menez-Groaz, Pencarn Kerho, Keronguéo)
  • 19-26 - section de St-Guénolé (Quélennec, Grifonès, Kernoas, Moulin Poul, Pont-a-Lenn, Kerbéron)
  • 26-32 - section de Quilihuec (Lezergué, Croix d'épines, Gongallic, Kervian, Kervrayen, Lezergué, Quillihuec, Plac-an-dans, Kerfort, St-Joachim, Reunic, Kergamen, Kermenot, Kernaou, Moulin de Kernaou, Kerdalès, Kerampeliet)
  • 32-37 - section de Sulvintin (Lenhesq, Munuiguic, Menez Groaz, Menez Kervéady, Kervéady, Kerleur, Kerdudal, Parcloc'h guen, Croix-rouge, Sulvintin, Tybur, Pont-Odet, Kerrellan)
  • 37-44 - section de Squividan (Squividan, Lec, Stanquéo, Kerfrez, Moulin Kerfrez, Kerourvois, Tréodet, Croissant bras, Kerhamus, Keranroux, Prata, Pennaros, Stangala, Pernerven, Lézébel)
  • 44-49 - section de Bosuzit (Pennarun, Cluyou, Moulin Coutily, Ty nevez Coutily, Kerampensal, Poulduic, Mélénec, Stang Mélenec, Salle-verte, Bosuzit, Rulien, Moulin Pennarun, Boden, Stang ar hoat, Kernévez)
  • 44-53 - section de Kernaon (Kervernic, Kerdohal, Kervéguen, Kerdohal, Troland, Troland-Vihan, Pont-Cluet, Carpon, Kernaon, Pencarn Yvin, Kervinic, Quénécrasec, Hôtel)
  • 54-56 - section de Lestonan (Lestonan, Keruel-vian, Pennanec'h, Stang-Odet, Pradic-ar-Berrou, Kermorvan, Beg-ar-Menez, Menez-Groas, Pencarn-Kerho)
  • 56-60 - section de Quilihouarn (Kergoant, Créac'hergué, Quilihouarn, Keronguéo, Kerhô, Pratilès, Coat-piriou, Kerlaviou, Moulin de Kergonan)
  • 60-66 - section de Kergonan (Savardiry, Kersaux, Baradosic, Croix St-André, Parc an Fanquic, Kergonan, Kerautret, Balanou, Mesnaonic, Ty-Kersaux, Lestériou, Goarem-Vras, Loche da Laë, Troc'hyalec'h )
  • 66-72 - section de Kerrellou (Kermoisan, Quenachdéniel, Stang Kermorvan, Stang Quénachdéniel, Kerrellou, Lézouanac'h, Moulin Pont ar Marhat, Kergaradec, Moulin Faou, Castel)
  • 72-76 - section de Loqueltas (Loqueltas, Keristin, Keranroué, Stang Néostic, Kerdilès, Moulin Jet, Stang Jet, Kerriou)
  • 76-84 - section de Niverrot-Bohars (Kerdévot, Kerourvois-Kerdévot, Rubernard, Keryan, Méouet-vian, Méouet-vras, Niverrot, Kerveil, Penarménez, Lostarguillec, Kervern, Kernilis, Carpon, Kerlavian, Mezanlez, Bohars, Kerganou)
  • 84-88 - section de St-André (Garsalec vian, Garsalec vian, Garsalec vras, Croix St-André, St-André, Guilly vian, Guilly vras, Lestonan, Ty Poisson, Kerousel, Keruel)

Annotations

  1. Conan Yves : Né le 20‐06‐1810 à Tréogan (22) ; 1838, prêtre et vicaire à Combrit ; 1846, vicaire à Elliant ; 1854, recteur de Garlan ; 1857, recteur de Coray ; 1890, retiré au presbytère d'Ergué-Gabéric ; décédé le 7‐01‐1902. Ancien recteur de Coray, en 1890 il est hébergé par le recteur Guy Gourmelen d'EG, devient aveugle et décède dans sa 92e année en 1902. Nécro : Semaine religieuse de Quimper et Léon, 1902 p. 22‐23



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Thème de l'article : Informations généalogiques sur les familles d'Ergué-Gabéric. Création : Avril 2026    Màj : 23.05.2026